Abstract
En République Démocratique du Congo (RDC), le milieu rural se caractérise par une forte dépendance à l’agriculture de subsistance et aux activités informelles. Dans ce cadre, la femme joue un rôle central dans la survie et l’équilibre économique du ménage, même lorsqu’elle n’est pas salariée au sens formel du terme. Son apport se manifeste à travers diverses activités génératrices de revenus ou de biens, telles que la culture vivrière, la transformation artisanale des produits agricoles, l’élevage domestique, la collecte et la vente de bois de chauffage, ou encore le petit commerce local. Bien que ces activités ne soient pas toujours comptabilisées dans les statistiques officielles, elles contribuent directement au budget familial en réduisant les dépenses alimentaires, en assurant une partie des besoins essentiels et en apportant des ressources financières complémentaires. Dans un contexte marqué par la pauvreté, le manque d’infrastructures et la faible présence d’emplois formels, l’implication de la femme non salariée devient un pilier incontournable de la résilience économique des ménages ruraux. Ainsi, analyser l’apport de la femme non salariée au budget ménager en milieu rural en RDC permet non seulement de mettre en lumière son rôle économique souvent invisibilisé, mais aussi de comprendre les dynamiques sociales et les stratégies de survie adoptées par les familles face aux contraintes structurelles.
Introduction Generale
A l’issu de diverses crises qui ont émaillé l’évolution historique de la République Démocratique du Congo, lesquelles ont atteint le paroxysme avec les pillages de 1991 et 1993, à laquelle se sont ajoutés les effets néfastes de la guerre de 1996 et 1998 a certes eu raison sur la qualité du vécu quotidien de la population congolaise. Cependant, cette dernière a continué à tenir grâce à son ingéniosité pendant les moments difficiles, notamment : Salaire insignifiant et souvent impayés, sans emploi et le chômage sur tout dans les villes, écoulement de plus en plus difficile de la production agricole en milieu rural ont réduit le niveau de vie de congolais.
Face à une crise aigüe, la population congolaise s’est montrée dynamique en s’engageant dans plusieurs activités créatrices devenues à la longue, fondement de l’économie réelle. Ces activités ont eu l’avantage de procurer aux uns et aux autres les moyens de subsistance. Ce dynamisme se traduit par le développement des microentreprises et des initiatives relevant du secteur traditionnel, le maintien des infrastructures locales, la préservation de la nature et du patrimoine local.
Pour faire face à cette situation, des stratégies individuelles ou collectives de survie appelées activités informelles se sont développées et se sont multipliées dans tous les domaines : production, commerce, transport, communication etc. Pour certains auteurs, le développement du secteur informel est un désordre, symptôme d’une économie et une société malade ; d’autres pensent qu’ils manifestent une créativité annonciatrice d’un nouveau tissu économique.
Notons par ailleurs que la femme représente plus de la moitié des acteurs évoluant dans ce secteur. Son rôle et ses responsabilités restent cependant peu reconnus, car la division du travail, l’exercice des responsabilités, le pouvoir de décision et l’accès aux moyens de production sont essentiellement fonction de relation de genre qui est déterminée, à leur tour, par un ensemble de représentation, de codes et de valeurs propres à chaque société. La définition des rôles et des responsabilités déterminent parallèlement, la réparation des droits et des obligations à l’intérieur du ménage. L’apport de la femme dans l’ensemble de la société n’apparaît pas dans la comptabilité nationale. Par ailleurs, le taux d’activité des femmes ne peut pas être correctement mesuré faute de nomenclature appropriée.
C’est pourquoi nous nous demandons quel l’apport e la femme non salariée au budget ménager ? Quelles en sont les activité pratique-t-elle ? Et qu’est ce qui est à la base des activités par la femme congolaise ? C’est la réponse à toutes ces questions qui constitue le développement de ce travail.
Il apparaît ici que le travail du mari ne produit rien, le salaire insignifiant et irrégulier ne permet pas que la famille puisse vivre comme telle ; entre autre par manque du travail rémunérateur, tantôt réduit au chômage, vu aussi la taille du ménage qu’il doit assurer l’éducation des enfants, la femme non salarié se sent dans l’obligation d’exercer une activité de subsistance, car elle consacre la plus grande partie de son temps dans ces activités. Nous confirmons que la femme occupe la place dans la lutte contre la crise socioéconomique dans la société Congolaise et sa contribution est fonction de la nature d’activité exercée, de capital, du niveau d’instruction et de la taille du ménage.
Pour bien mener notre recherche, nous nous sommes servis de la méthode comparative dans la comparaison des résultats différentiels des variables. La RDC présente une grande diversité culturelle et sociale. La méthode comparative permet d'analyser comment les rôles et les contributions des femmes non salariées varient d'une région à l'autre, d'une communauté à l'autre, ou entre différentes classes sociales. Cela aide à comprendre les spécificités locales et les dynamiques qui influencent le travail non rémunéré.
En comparant la situation des femmes non salariées en RDC avec celle d'autres pays moins développés ou même de pays en développement, il est possible d'identifier des tendances générales et des particularités locales. Cela peut aider à mettre en lumière des modèles de résistance ou d'adaptation face aux défis économiques et sociaux. La méthode comparative permet d'évaluer l'impact des politiques publiques sur le rôle des femmes dans l'économie domestique. En examinant comment différentes politiques ont été mises en œuvre dans divers contextes, on peut mieux comprendre ce qui fonctionne ou non pour soutenir les femmes non salariées. Cette méthode offre un cadre analytique riche et flexible pour explorer la complexité du rôle des femmes non salariées dans un contexte aussi dynamique et contrasté que celui de la RDC.
Nous avons utilisé la méthode structuro – fonctionnaliste qui nous a permis d’étudier la structure et le fonctionnement du système dans lequel les femmes évoluent. Nous avons utilisé la technique d’enquête par questionnaire. Elle nous a permis de nous entretenir avec la population cible afin d’obtenir les informations utiles à notre travail. L’observation directe nous a permis de relever certains détails que l’enquête par questionnaire n’était pas en mesure de nous le procurer. Nous avons recouru à l’analyse documentaire (consultation de certains ouvrages) nous a fournis quelques informations sur les concepts utilisés.
Notre travail comporte deux points hormis l’introduction et la conclusion. Le premier point traite des considérations théoriques et définitionnelles des concepts utilisés et le deuxième point présente l’analyse et l’interprétation des résultats de notre enquête.
Approche Theorique De Concepts
I.1.Crise socio-économique
Jusqu’au milieu du XIXème siècle, les crises économiques sont encore des crises sous production agricole affectant d’abord les milieux ruraux. Puis le développement de l’industrie lourde et des communications ainsi que l’imbrication des systèmes monétaires provoquent des crises de surproduction industrielle, plus longue, et plus étendue. Dans un troisième temps, les facteurs financiers deviennent déterminants, causant de krach boursier de (NEW YORK, en 1929 et celui de WALL STREET de 2007-2008). La crise qui frappe l’économie depuis 1973, à la suite du quadruplement du prix du pétrole, présente des aspects originaux : la longueur et la simultanéité de phénomènes jusqu’alors antinomiques, comme stagneflation.
En octobre 1987, le marché boursier international connaît un nouveau krach de grande ampleur, conséquence directe d’une spéculation financière et reflet de la précarité monétaire internationale. En 1991, une nouvelle crise liée à la guerre de Golfe, secoue l’économie mondiale.
Nous assistons à une généralisation de ce concept qui s’est fait au détriment de clarification. Dans la cité grecque antique, le terme « krisis » avait une signification différente selon qu’il était employé dans un contexte religieux. Mais dans le contexte actuel, la crise socioéconomique est marquée par la pénurie de la main d’œuvre, l’éclatement de la vie sociale, les mauvaises conditions de travail caractérisées par des moments difficile et généralement décisif dans l’évolution d’une société, ou d’une institution.
I.2. La pauvreté
Le dictionnaire universel défini la pauvreté comme manque des biens, insuffisances des choses nécessaires à la vie. La pauvreté constitue la bête noire du développement. Elle est l’état d’une ou des personnes qui vivent en deçà de la ligne de subsistance, c’est – à – dire, dont la plupart des besoins économiques et sociaux demeurent insatisfaits par leur revenu. Une personne est pauvre, lorsqu’elle ne dispose pas suffisamment de ressources particulièrement de revenu ni d’autres biens pour satisfaire adéquatement ses besoins primaires(le manger, le loger, le bâtir, le déplacement etc.).
La pauvreté est un phénomène comparatif. Elle est relative aux époques, aux sociétés et aux cultures. Elle constitue un problème essentiel ou même fondamental de l’économie et du développement dans la mesure où les deux disciplines ont pour finalité et causalité l’allocation optimale des ressources, la production et la répartition équitable du revenu national pour l’amélioration du bien-être collectif, c’est – à – dire, de la majorité de la population.
La ligne de pauvreté est une mesure de pauvreté fondée sur le revenu et les besoins. La pauvreté se trouvant dans les sociétés capitalistes peut être un phénomène cyclique due à la dépression et a la récession économique. Elle peut être liée à la communauté entant qu’espace vital à cause de la perte d’une ressource pivot de son économie, d’un changement technologique, d’une réallocation des facteurs laissant ainsi toute une communauté dans un état de désuétude et d’abandon et forçant les audacieux à l’émigration et d’autres à une résignation nostalgique. Elle peut être liée aussi à la personne. Il s’agit alors d’un fait explicable pour cause de carences individuelles ou sociales (mendiants, prostitues, alcooliques, criminels) à cause des défectuosités physiques ou mentales, des vices, de la paresse, de l’alcoolisme de drogues, etc.
I.3. Le secteur informel
Le secteur informel est toute activité s’exerçant généralement dans les milieux ruraux des pays du tiers monde et caractérisées par la facilite d’entrée, le marché de concurrence non réglementé, l’utilisation des ressources de locations, la propriété familiale de l’entreprise, la petite taille des activités, les technologies adaptées à forte intensité de travail et les fonctions acquises en dehors du système scolaire.
En d’autres termes : activité de survie ; transition non exploiteuse ; circuit inferieur ; artisanal ; économie de subsistance ; petite production marchande ; prolétariat ; secteur incontrôlé ; inorganisé ; intermédiaire, non structure ; tertiaire primitif ; économie non officielle ; non enregistrée ; non déclarée ; clandestine ; secondaire ; marginale ; périphérique.
Malgré cette multiplicité de concepts à des contenus différents, on peut affirmer que le secteur informel n’est pas l’informe, ce qui n’a pas de forme mais plutôt, ce qui ne correspond pas a des formes reconnaissables, à des modèles de la tradition et de la modernité.
En République Démocratique du Congo (RDC), économie informelle peut être classifiée selon plusieurs critères, notamment selon la branche et le degré d’officialité de l’activité. Du point de vue de la branche de l’activité, elle est distinguée entre les activités de production de survie. Quant au degré d’officialité de l’activité, il existe des activités pratiquées au grand jour (le secteur informel selon J.CHARMES) et les activités clandestines ou nuisibles(le secteur informel non localise).
Pour sa part, R.MBAYA.M estime que les micro-entreprises du secteur informel sont caractérisées par une dynamique à deux composantes : une composante qualitative et évolutive et une autre quantitative et involutive. « La première fait que les micro-entreprises procèdent du souci de la rentabilité en temps qu’elles répondent a une demande sociale et conduisent à l’expansion des unités économiques de production de biens et services mieux organisées et, partant, performantes ou prospères. La deuxième composante, la plus en vogue dans nos milieux, fait que l’émergence des micro-entreprises relève du simple souci d’assurer la survie et la subsistance quotidienne du micro-entrepreneur et de son ménage, en général des unités économiques de production des biens et services de moindre importance et sans prospérité. C’est dans cette dernière catégorie que la contribution quantitative de la femme est très remarquable.
Avant de présenter cette contribution, notons que le secteur économique purement formel ou informel n’existe pas. Tous deux entretiennent des relations d’interdépendance notamment sur le plan de l’approvisionnement de la main d’œuvre, des matières et des produits finis. Ils constituent deux aspects complémentaires d’une même réalité économique.
I.3.1. Rôle de la femme dans l’économie informelle en RDC
Le rôle de la femme dans le secteur informel de survie ou de subsistance en République Démocratique du Congo est plus visible en milieu rural qu’en milieu urbain. Car, ici, la femme consacre la plus grande partie de son temps à la pratique des activités agricoles. En plus de ses activités agricoles, la femme s’occupe de l’économie domestique : elle prépare les aliments nécessaires à la réfection des énergies de toute la famille, s’occupe de la propreté et de l’éducation des enfants, assure la propreté de la maison et des alentours, puise l’eau a la source, cherche du bois de chauffage, fait le marché, s’occupe de son mari etc.
Elle travaille pendant un grand nombre d’heures que l’homme et parfois jusqu'à 16 heures par jour, dès le réveil du matin vers cinq heures jusqu’au couché de la nuit vers 21 heures. D’ou « le travail de la femme n’est jamais fini ».
Au-delà de la création des revenus par la pratique du commerce et des technologies appropriées, il y a lieu d’interroger la motivation profonde de la femme. Il apparaît, à nos yeux, que l’engagement déterminant et parfois crucifiant de la femme congolaise dans l’économie informelle et dans les activités économiques en général vise moins son mari. « Il semble évident que, toute vie individuelle étant courte, les motivations économiques les plus profondes sont presque toujours, et doivent nécessairement être inscrites dans le cadre d’une famille. Le motif fondamental de toute activité économique semble clairement être d’inspiration familiale, beaucoup plus que les économistes ne le suggèrent ordinairement. C’est pour le bien de la famille qu’on remet à plus tard certaines satisfactions personnelles, que l’on s’engage dans tant de combats crucifiant sur le plan médical, éducatif et psychologique, qu’on essaie tellement d’économiser, et que l’on entreprend des investissements qui concernent bien plus l’avenir que le présent »
Il est parfois reproché au travail lucratif de la femme mariée dans l’économie informelle en dehors du foyer, les risques accrus d’infidélité, la négligence ou l’imperfection des soins de l’éducation des enfants, l’arrogance vis-à-vis de son mari pouvant conduire à l’insubordination, au mépris, au dénigrement de ce dernier voire au divorce.
I.3.2.Statut Social De La Femme.
Parlant du statut social de la femme et son rôle dans le développement, identifier la femme comme espoir du Congo, dans un contexte où ce pays est confronté à la fois aux tensions politiques et économiques, aux poussées endémiques et épidémiques, est communément admis comme, consisterait à postuler l’hypothèse que la femme serait la réponse, a la question problématique du développement. Cependant, la considération de spécificités contextuelles, relations au système de représentation, à l’organisation sociale, au statut de la femme oppose a cet enthousiasme expansif un procès social complexe.
En ceci, semblent se déterminer les difficultés d’évaluation du rôle de la femme dans le changement social. Celle-ci, tour à tour, attributaire de fonctions de production, reproduction, ou communautaire, est en réalité soit occultée comme actrice de développement, soit surdéterminée dans sa capacité à générer une dynamique globale de transformation. Si l’on jugeait uniquement sur les apparences extérieures, on serait tente de conclure qu’aujourd’hui comme hier les femmes vivent dans un statut social inferieur qui relègue dans les taches de second plan.
D’où la nécessité d’une action éducative qui s’adresse à la fois aux hommes et aux femmes et s’efforce, au-delà de la guerre des sexes, de trouver des solutions communiées aux situations dramatiques dans lesquelles vivent aujourd’hui les villages.
I.4. REVUE EMPIRIQUE
Étude deMuanasakaKabuita et al. (2019) sur l’analyse menée dans le territoire de Beni montre que les femmes rurales participent activement à la gestion économique des ménages par l’agriculture, la vente de produits vivriers et les activités artisanales. Malgré leur rôle central, elles sont limitées par des contraintes culturelles et sociales qui réduisent leur autonomie.
Le programme PHARE (2016–2021) sur un projet financé par la FAO, ONUDI et autres partenaires, visant l’autonomisation économique des femmes rurales par une agriculture résiliente aux changements climatiques. Les résultats montrent une amélioration de la productivité agricole et une meilleure intégration des femmes dans les circuits économiques locaux.
Le rapport [19], qui présente les données nationales révèlent que seulement 6,4 % des femmes en RDC ont un emploi salarié, contre 23,9 % des hommes. La majorité des femmes actives sont engagées dans des activités informelles, souvent non rémunérées, mais essentielles à la survie des ménages.
La revue sur les femmes agricultrices (2023), souligne les difficultés d’accès aux intrants agricoles, aux financements et aux marchés. Les femmes sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique et de la pandémie de COVID-19, ce qui fragilise leur contribution au budget familial.
Les études BMC Public Health (2024), une enquête longitudinale dans l’Est de la RDC montre que les interventions de type « genre transformateur » impliquant les hommes améliorent les revenus des ménages et renforcent la participation des femmes aux décisions économiques.
Presentation, Analyse Et Interpretation Des
Resultats
II.1. Presentation Et Analyse De Resultat
| N° | Tranches d’âge | Effectif | % |
| 1.2.3.4.5. | 19 – 2627 – 3435 – 4243 – 5051 – 58 | 91415166 | 1523,332526,6710 |
| ∑ | 60 | 100 |
Source : Enquête sur terrain 2010
Graphique II.1.1.

Commentaire : Il ressort de ce tableau que les 60 femmes sur lesquelles nous avons enquêté sont âgées de 19 à 58 ans avec une moyenne d’âge de 38 ans. La tranche d’âge la plus concernée est celle de 43 – 50 ans avec un total de 16 cas, soit 26,67. Elle est suivie de la tranche de 35 – 42, soit un total de 16 cas. Et enfin c’est la tranche de 19 – 26 avec un total de 9 cas soit 15 %.
| N° | Statut social | Effectif | % |
| 1.2.3.4. | Mariée Célibataire Veuve Divorcée | 3112125 | 51,6720208,33 |
| ∑ | 60 | 100 |
Source : enquête sur terrain, 2010
Graphique II.1.2

Commentaire : Il ressort de ce tableau que les mariées occupent la première place dans ce secteur avec un total de 31 cas observé soit 51,67 %. Les célibataires et les veuves viennent en seconde position avec 12 cas chacun soit 20 % de l’effectif total des femmes enquêtes.
| N° | Niveau d’étude | Effectif | % |
| 1.2.3.4. | Non scolarisée Primaire Secondaire Universitaire | 2118201 | 353033,331,67 |
| ∑ | 60 | 100 |
Source : enquête sur terrain, 2010
Graphique II.1.3

Commentaire : Concernant le niveau d’études, la majorité de celles qui s’intéressent à ce secteur est constituée des analphabètes, soit 35 % ; suivies de celles de niveau secondaire (33,33 %). Notons cependant que très peu d’universitaires s’y intéressent à ces activités. Elles représentent seulement 1,67 %.
| N° | Activités exercées | Effectif | % |
| 1.2.3.4. | Mini restaurant Agriculture Petit commerce Couture | 832191 | 13,3353,3331,671,67 |
| ∑ | 60 | 100 |
Source : enquête sur terrain, 2010
Graphique II.1.4

Commentaire : Il ressort de ce tableau que l’activité la plus pratiquée par les femmes est l’agriculture, soit 53,33 % suivie de petit commerce, 31,67 % mais il y a très peu pour la couture, 1,67 %.
| N° | Profession du mari | Effectif | % |
| 1.2.3. | Agent de l’EtatCommerçant Chômeur | 291417 | 48,3423,3328,33 |
| ∑ | 60 | 100 |
Source : enquête sur terrain, 2010
Graphique II.1.5

Commentaire : La majorité des femmes évoluant dans ce secteur, leurs maris sont des fonctionnaires de l’Etat, soit 48,34 % ; 17 chômeurs sur 60 et 14 commerçants sur 60.
| N° | Taille de ménage | Effectif | % |
| 1.2.3.4. | 2 – 34 – 56 – 78 – 9 | 1327191 | 21,674531,671,66 |
| ∑ | 60 | 100 |
Source : Enquête sur terrain, 2010
Commentaire : La plupart des ménages ont 4 à 5 enfants, soit 27 cas sur 60 (45 %). Très peu de ménages ont 8 à 9 enfants dans le ménage, soit 1,66 %
| N° | Rubriques des dépenses | Ménages | |
| Nombre | % | ||
| 1.2.3.4.5.6. | Habillement Loisirs Loyer Nourriture Scolarité/enfants Soins médicaux | 371126604354 | 61,6718,3343,3310071,6790 |
Source : enquête sur terrain, 2010
Graphique II.1.6

Commentaire : Il ressort de ce tableau que les 60 femmes sur lesquelles nous avons enquêté ont toutes déclaré d’affecter leurs revenus à la restauration de ménages, 54 présentent les soins médicaux et en dernier lieu viennent les loisirs.
II.2. Interpretation Des Resultts
Le tableau n°1 indique les tranches d’âge les plus touchées sont celles de 43 à 50 ans avec 16 cas soit 26,67 %, de 35 à 42 avec 15 cas soit 25 % et de 27 – 34 ans avec 23,33 %. Ceci s’explique par le fait que la population de ces catégories d’âge est la plus active du point de vue socio – économique. C’est généralement à ces âges qu’on sente le poids de responsabilité à assumer, et que l’on devient plus responsable.
Le tableau n° 2 montre que 31 cas observés sur 60 sont des femmes mariées. 12 sont de célibataire et 12 autres des veuves. Il faut signaler à ce propos que les mariées ont plus de responsabilité que les veuves et les célibataires qui, généralement, vivent avec les autres membres de famille. Les mariées volent au secours de leurs familles.
Le tableau n° 3, pour les 21 cas d’analphabètes observés, ils sont compris comme des cas des exclus du marché de travail dans le secteur formel. Sans aucune base ni formation, ces femmes préfèrent se lancer dans le secteur informel. Les 20 cas de niveau secondaire sont composés de femmes qui après avoir évolué dans le secteur formel étant donné le maigre salaire et l’irrégularité dans la paie ont préféré également se verser dans l’informel. Aussi, il faut ajouter les difficultés de la femme, surtout mariée d’accéder au marché de l’emploi dans un milieu rural.
Tableau n° 4 : dans ce tableau, il se révèle qu’il y a plus de femmes dans l’agriculture. Cette préférence est liée aux avantages en nature et en numéraire que ce secteur présente aux femmes dans un milieu rural.
Tableau n° 5 : Ce tableau montre 29 cas sur 60 des femmes dont les maris sont des agents de l’Etat. Cette situation explique en partie les motivations profondes de femmes en général et mariées en particulier dans ce secteur.
Les maigres salaires des agents de l’Etat à l’intérieur du pays et ajouter à cela l’irrégularité dans la paie rendent la vie dans beaucoup de famille difficile. Cela est pareil des familles où les maris, chef de ménage, se retrouvent sans emploi.
Tableau n° 6 : Le tableau révèle que ce sont les femmes dont la taille de ménage se situe dans la classe 4 – 5 qui sont les plus intéressées. Ceci s’explique par le fait que les ménages commencent à diminuer de mettre au monde plusieurs enfants faute de moyen à les nourrir, les vêtures, les faire étudier…
Tableau n°7 : De ce tableau, il ressort que l’ordre des rubriques des dépenses reflète le degré d’importance que les femmes accordent aux différents besoins vitaux. En effet, 100 % des femmes ne peuvent se passer de la nourriture et 90 % des soins médicaux. Ceux deux rubriques réunies représentent presque la moitié des dépenses.
Les dépenses affectées aux besoins essentiels de la vie (nourriture, logement, soins médicaux et éducation) représentent un cumul de 90 %. Nous pouvons donc dire que la quasi – totalité des revenus des femmes est affectée aux besoins existentiels fondamentaux.
De cette analyse, il découle que le pouvoir d’achat minimum dont disposent les femmes leur permet non seulement de se procurer des vivres et d’autres produits de base pour elles – mêmes et pour leurs familles respectives, mais aussi de payer les intrants utilisés dans la production alimentaire. Puisque les cultures vivrières sont autoconsommées, les intrants relatifs doivent provenir de gains réalisés dans d’autres entreprises agricoles ou activités lucratives non agricoles.
Conclusion
Ce travail a eu à évaluer la contribution de la femme non salariée au budget ménager en milieu rural en République Démocratique du Congo. La longue crise économique à laquelle s’ajoute les effets néfastes de la guerre, a certes eu raison sur la qualité du vécu quotidien de la population congolaise. Face à cette crise aigue, la population congolaise s’est montrée dynamique en s’engageant dans plusieurs activités créatrices devenues à la longue le fondement de l’économie réelle. Elle a multiplié des initiatives de survie pour s’adapter aux nouvelles conditions qui imposent la multi dimensionnalité de la pauvreté. Ces activités ont eu l’avantage de procurer aux uns et aux autres les moyens de subsistance.
De ce qui précède, une meilleure évaluation de la contribution de la femme doit passer, par conséquent, par une amélioration des méthodes et de mesure des résultats des activités de ce secteur. Dans le but d’accroitre le dernier rôle. Il est nécessaire de définir et d’appliquer une politique d’incitation au profit de la femme notamment en lui donnant l’accès au crédit.
Cette politique visant la promotion féminine, loin de concerner seulement le secteur économique, devrait aussi porter sur les autres secteurs de la vie, à savoir : éducatif, scientifique, technologique, politique, sanitaire, culturel et social.
Cette politique doit enfin privilégier la collaboration de l’homme à toute action de la femme.
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